Le Burundi fait face à un afflux massif alors que le conflit s’intensifie dans l’Est de la RDC
11 décembre 2025
Plus de 33 000 civils du Sud-Kivu ont fui vers le Burundi en cinq jours. Centres saturés, besoins urgents en aide tandis que familles et enfants sont séparés.
Au cours des cinq derniers jours, des dizaines de milliers de civils en provenance de l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) ont franchi la frontière burundaise pour fuir les violents affrontements en cours au Sud-Kivu. Des familles entières sont arrivées épuisées après avoir marché plusieurs jours depuis Kamanyola, Luvungi, Katogota et Sange, beaucoup ayant passé des nuits dans la brousse sans nourriture ni abri. La plupart ont atteint la frontière sans aucun bien, ayant tout abandonné dans leur fuite.
Au site d’accueil de Ndava, dans l’ancienne province de Cibitoke, Déborah Batacoka, 60 ans, raconte son calvaire. « Nous avons marché pendant trois jours et dormi dans la brousse. Les villages sont désormais vides. Nous avons tout laissé derrière nous. Nous avons faim et les enfants s’évanouissent d’épuisement », dit-elle en désignant des enfants allongés, faibles, sur le sol.
Léa Usa, enceinte de six mois, décrit la terreur qu’ils ont fuie : « Des bombes sont tombées sur notre village à Luvungi. Nous entendions des balles partout et avons vu des voisins déchiquetés par les explosions. Le village est complètement désert maintenant », confie-t-elle.
Le centre de transit de Cishemere — premier point d’accueil — a rapidement été saturé, hébergeant plus de 4 000 personnes. Les autorités et les partenaires humanitaires ont dû rediriger les nouveaux arrivants vers le site de Ndava. De là, les personnes déplacées sont progressivement relocalisées vers le site nouvellement désigné de Bweru, dans la province de Buhumuza, actuellement en cours d’aménagement pour offrir une assistance plus adéquate.
« Nous travaillons en étroite collaboration avec le Gouvernement du Burundi, les partenaires humanitaires et les donateurs pour mobiliser une aide urgente », a déclaré Brigitte Mukanga-ENO, Représentante du HCR au Burundi. « Nourriture, médicaments, eau et abris d’urgence sont essentiels pour éviter que cette situation déjà alarmante ne se transforme en crise humanitaire majeure. »
La majorité des arrivants sont des femmes enceintes, des personnes âgées et des enfants non accompagnés, séparés de leurs familles dans le chaos.
Bahati Antoinette, 30 ans, est sans nouvelles de ses cinq enfants depuis que les combats ont atteint Luberizi il y a trois jours. « Je suis extrêmement inquiète », dit-elle.
À Kaburantwa, Nabuye Christine, 70 ans, recherche son mari disparu, portant ses derniers effets personnels.
Plus de 33 000 personnes déplacées ont franchi la frontière burundaise en seulement cinq jours, s’ajoutant aux 110 000 réfugiés déjà accueillis dans cinq camps et un site. Les besoins humanitaires continuent d’augmenter fortement à mesure que le conflit au Sud-Kivu s’intensifie.