Burundi célèbre la Journée Internationale des Personnes Handicapées : un plaidoyer renouvelé pour des sociétés inclusives et durables
La journée a été célébrée sous le thème : « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de stimuler le progrès social ».
“[...]le Gouvernement, les associations ainsi que vous tous devons faire de notre mieux pour que le groupe de ces personnes vulnérables soit pris en charge davantage, et soigneusement intégré dans les instances décisionnelles, chacun selon ses capacités. Ainsi, eux aussi pourront contribuer à l’unité dans le développement de notre pays.” dixit le Ministre ayant le Travail, la Fonction Publique et la Sécurité Sociale dans ses attributions, Lt General de Police Gabriel NIZIGAMA lors de la célébration nationale de la Journée Internationale des Personnes Handicapées au Burundi édition 2025.
Placé cette année sous le haut patronage de Son Excellence le Président de la République du Burundi, par le biais du Ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale, en collaboration avec le Système des Nations Unies, l’événement s’est déroulé au Centre AKAMURI ce 23 décembre 2025 et a rassemblé un vaste public composé de représentants du Gouvernement, du corps diplomatique, d’agences des Nations unies, d’organisations de personnes handicapées, et de la société civile.
La journée a débuté par une visite guidée du Centre AKAMURI, structure d’accueil et de réhabilitation qui accompagne au quotidien des enfants et adultes en situation de handicap intellectuel. Les invités ont pu observer diverses activités socio-éducatives et échanger avec des bénéficiaires sur leurs besoins, leurs progrès et leurs ambitions. Une pièce de théâtre, jouée par de jeunes artistes, est venue illustrer avec sensibilité la réalité de l’exclusion et la puissance de l’entraide, laissant dans l’audience une empreinte autant artistique que sociale.
Dans son allocution, la représentante de la Confédération des Réseaux d’Organisations des Personnes Handicapées du Burundi (CORPHB), Mme Constance KATIHABWA, a livré un message poignant, chaleureusement salué par l’audience. Elle a exprimé reconnaissance, mais aussi des attentes concrètes envers les autorités, notamment pour une meilleure application de la loi de 2018 contre la discrimination, l’intégration accrue des personnes handicapées dans les instances décisionnelles, la mise en place de quotas d’emploi au sein de l’administration publique, ainsi qu’un investissement renforcé dans l’éducation inclusive. “Nous demandons qu’au moment de la planification et de la mise en œuvre de leurs projets, on tienne compte de la façon dont les personnes handicapées seront également impliquées dans leurs activités. Par exemple, qu’il s’agisse de la promotion des personnes, de la santé, de l’éducation, des problèmes des réfugiés, ou du soutien aux femmes dans leurs responsabilités. Il faut se rappeler que cette catégorie de personnes handicapées a besoin de mesures spécifiques afin qu’elle puisse y avoir une équité et une égalité des chances avec les autres.” ajoute-t-elle.
Au nom du Système des Nations Unies, le représentant de la Coordinatrice Résidente, M. Taifourou DIALLO, a insisté sur la portée mondiale et nationale du thème 2025: “... l’inclusion n’est pas seulement un principe moral, mais un droit fondamental et un levier incontournable pour bâtir des sociétés plus justes, plus résilientes et plus prospères.” Il poursuit en disant : “Les personnes en situation de handicap sont des actrices essentielles du progrès social. Leur créativité et leur leadership contribuent à renforcer la préparation aux catastrophes, à promouvoir l’inclusion dans l’éducation et l’emploi, et à orienter les actions humanitaires vers une meilleure protection des plus vulnérables.”
Il a rappelé les progrès accomplis entre 2019 et 2024 dans l’accessibilité des services, le renforcement des cadres juridiques et la participation renforcée des personnes vivant avec handicap aux processus décisionnels, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les efforts pour lever les obstacles persistants : discriminations, pauvreté, infrastructures inaccessibles.
Au cours de la cérémonie, des appuis matériels ont été remis à plusieurs bénéficiaires, dont Mme Virginie MINANI, une femme en situation de handicap ayant reçu une paire de béquilles et un kit de dignité. Son témoignage, chargé d’émotion, a rappelé que l’inclusion prend tout son sens lorsqu’elle se traduit dans la vie réelle :
“Cette journée change ma vie, j’imaginais que je mourrais utilisant un simple bâton pour me déplacer, jamais je n’aurais imaginé tenir des béquilles pareilles, je pensais que c’était réservé aux plus aisés et voilà qu’aujourd’hui j’en ai reçu, je rends grâce à Dieu pour ce changement qui éclaire mon chemin !” a-t-elle déclaré.
Son histoire illustre l’impact concret de cette célébration – au-delà des discours, ce sont des pas nouveaux rendus possibles, une dignité restaurée, et une confiance renouvelée. L’appui du Système des Nations Unies, conjugué à l’engagement du Gouvernement, démontre que la collaboration peut transformer des vies et faire émerger des changements tangibles dans le quotidien des personnes handicapées.
De son côté, le Ministre du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale est revenu sur l’importance du changement de mentalité et du principe de ne laisser personne en marge du progrès et promouvoir un leadership social collectif. ”[...] Personne ne peut ignorer qu’en ces années, il y a beaucoup de catastrophes liées au changement climatique. Cela exige que chacun, où qu’il soit, soit un leader accompli, que les personnes handicapées ne soient pas laissées pour compte, et que les mesures et plans adoptés soient dans l’intérêt de tous les Burundais, qu’ils soient utiles pour nous, sans qu’aucun groupe ne soit abandonné.”
En refermant cette célébration, le Burundi réaffirme que l’inclusion ne relève ni d’un slogan ni d’un geste symbolique, mais d’un droit fondamental et d’un moteur essentiel au développement national. Les engagements exprimés et l’énergie collective portée au Centre AKAMURI ce 23 décembre 2025 traduisent la volonté de bâtir une société où chaque citoyen trouve sa place, sans barrières ni discriminations.
Le Système des Nations Unies a renouvelé à cette occasion son engagement à accompagner le Gouvernement du Burundi dans le développement de programmes favorisant l’emploi, l’autonomisation socio-économique et la participation décisionnelle des personnes handicapées, dans l’esprit de la vision de 2040 et 2060. Au-delà des mots forts des discours, les engagements formulés ce jour laissent entrevoir une dynamique porteuse d’optimisme : poursuite du soutien public au développement inclusif, volonté de renforcer les cadres institutionnels, collaboration accrue avec l’ONU et les organisations locales, et perspective d’étendre l’éducation inclusive dans le pays.