La FAO et le MINEAGRIE renforcent leur partenariat stratégique autour des priorités à court terme
FAO et Burundi s’accordent sur une feuille de route pour une agriculture durable : coordination, irrigation, digitalisation et inclusion renforcées.
Du 25 au 26 mai 2026, Le Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage (MINEAGRIE), en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a réuni à Ngozi des cadres techniques, des responsables de programmes et des équipes opérationnelles autour d’un même objectif : transformer le dialogue institutionnel en priorités concrètes à court terme.
Pendant deux jours, l’atelier a offert un espace de concertation pour mieux aligner l’appui de la FAO aux priorités nationales, améliorer la coordination des interventions et identifier des solutions pratiques aux défis rencontrés sur le terrain. Au-delà d’un simple exercice technique, la rencontre a permis de replacer le partenariat FAO-MINEAGRIE dans une perspective d’action commune, au service d’une agriculture plus productive, plus résiliente et plus inclusive.
Des allocutions centrées sur le partenariat et les priorités nationales
Dès l’ouverture, le ton a été donné : la coopération entre le Gouvernement du Burundi et la FAO repose sur des acquis, mais aussi sur une responsabilité partagée face aux défis du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique. Le Secrétaire Permanant du MINEAGRIE a rappelé que « les relations entre la FAO et le Gouvernement du Burundi datent de longtemps », saluant un partenariat qui a déjà produit des résultats appréciables au bénéfice des communautés. Il a insisté sur la nécessité d’une planification conjointe pour répondre aux besoins des populations et contribuer à la Vision du Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060.
Pour sa part, le Représentant de la FAO au Burundi a souligné l’urgence d’agir de manière coordonnée face aux changements climatiques, à la pression sur les ressources naturelles, aux besoins de financement et au renforcement des capacités institutionnelles. Son message a résumé l’esprit de l’atelier : « Face à ces défis, aucune institution ne peut agir seule. » La FAO a ainsi réaffirmé sa disponibilité à poursuivre son appui technique au Gouvernement du Burundi, conformément aux priorités nationales et aux besoins exprimés par les institutions nationales.
Un alignement autour du CPP 2024-2027 et des priorités du MINEAGRIE
Les échanges ont replacé le Cadre de Programmation Pays 2024-2027 de la FAO au cœur du partenariat. Instrument stratégique orientant l’appui de l’Organisation au Burundi, le CPP s’articule autour de trois priorités : l’intensification de la production agricole, animale et halieutique et le développement inclusif des chaînes de valeur ; la gestion durable des ressources naturelles et la résilience face au changement climatique ; ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles.
Les présentations ont également mis en évidence les progrès enregistrés dans la mise en œuvre du CPP, dont le taux de réalisation a été estimé à 53,4 %, malgré des contraintes liées à la mobilisation des ressources, à la pénurie de carburant, à la rareté des devises, aux perturbations d’approvisionnement, aux chocs climatiques pour ne citer que celles-là. Ces défis n’ont pas été abordés comme de simples obstacles, mais comme des points d’attention devant orienter la prochaine phase de collaboration.
Du côté du MINEAGRIE, les priorités présentées ont confirmé l’ambition d’accélérer la transformation du secteur agroalimentaire. Elles concernent notamment l’intensification de la production, l’irrigation, le développement des centres de rayonnement et des agropoles, la mécanisation agricole, les centres naisseurs pour l’élevage, la valorisation de la production, la conservation, la transformation, la digitalisation, la nutrition, la recherche, le suivi-évaluation et l’autonomisation des femmes et des jeunes.
Des mécanismes opérationnels et financiers à consolider
L’atelier s’est révélé comme un forum d’un dialogue franc sur les instruments de coopération. Le Programme de Coopération Technique de la FAO a été présenté comme un levier destiné à répondre aux priorités nationales, renforcer les capacités, appuyer l’innovation et mobiliser des ressources complémentaires. Les participants ont également passé en revue la gestion des protocoles d’accord et lettres d’accord, depuis la préparation jusqu’à la clôture, en déplorant entre autres les retards de signature, de rapportage financier et de finalisation des dossiers.
La mobilisation des ressources a constitué un autre axe majeur, notamment à travers les opportunités liées au GEF 9, au Fonds pour l’Environnement Mondial, au Fonds Vert pour le Climat et à d’autres mécanismes de financement climatique. Les interventions ont convergé vers un même impératif : formuler des projets bancables, renforcer les capacités nationales de mobilisation des financements et intensifier le plaidoyer conjoint FAO-MINEAGRIE auprès des partenaires techniques et financiers.
Des travaux de groupes pour approfondir les priorités
Répartis en trois groupes mixtes, les participants ont analysé les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces liées aux trois axes du CPP 2024-2027. Cette séquence a donné à l’atelier une dimension plus participative, en faisant émerger les préoccupations et propositions des acteurs directement impliqués dans la mise en œuvre. Les groupes ont relevé l’existence d’un cadre de collaboration solide, l’alignement du CPP aux documents stratégiques nationaux, la disponibilité d’expertises techniques et l’existence de plateformes sectorielles.
Les discussions ont aussi mis en lumière des défis persistants : insuffisance des ressources financières, manque d’expertises techniques spécifiques, faible disponibilité des intrants de qualité, insuffisance des données statistiques, absence d’un schéma directeur national d’aménagement du territoire, faible transformation locale et pertes post-récolte. Dans les échanges, un constat a particulièrement retenu l’attention : « le maillon de la transformation constitue un levier essentiel du développement agricole ». Cette conviction a nourri les discussions sur les agropoles, les normes de qualité, la sécurité sanitaire des aliments, la compétitivité des produits burundais et le potentiel de filières comme l’avocat.
La gestion durable des ressources naturelles a également occupé une place importante. Les participants ont plaidé pour une meilleure connaissance du potentiel national en eau, une stratégie durable de gestion des ressources hydriques, la lutte contre le ravinement, la restauration des paysages dégradés et l’actualisation du schéma directeur national d’aménagement du territoire. Ces préoccupations ont rappelé que la transformation agricole ne peut être durable sans une gestion responsable des terres, de l’eau et des écosystèmes.
Vers une feuille de route conjointe
Au terme des travaux, les participants ont dégagé des pistes d’actions prioritaires à court terme, avec un accent sur l’amélioration de la coordination, l’alignement stratégique, la mobilisation des ressources et la recherche de solutions pratiques aux contraintes opérationnelles. L’atelier a ainsi permis de consolider une compréhension commune des priorités du MINEAGRIE et des interventions de la FAO, tout en jetant les bases d’une feuille de route conjointe pour les prochaines étapes.
Les recommandations issues des travaux ont porté sur le renforcement de la planification stratégique et de la gouvernance sectorielle, l’élaboration d’un schéma directeur national d’aménagement du territoire, la mise en place d’un mécanisme permanent de coordination des partenaires, le développement d’un système intégré de suivi-évaluation et de gestion des données, l’appui aux agropoles pilotes, la promotion d’une mécanisation adaptée, le renforcement des chaînes de valeur, le développement des infrastructures de stockage, de conservation et de transformation, ainsi que la promotion de la certification, de la traçabilité et du conditionnement moderne des produits agricoles.
Les participants ont également recommandé d’intensifier la gestion intégrée des bassins versants, de développer les systèmes d’irrigation et de gestion durable de l’eau, de promouvoir les pratiques agroécologiques et climato-intelligentes, de renforcer le reboisement et la restauration des paysages dégradés, d’accélérer la digitalisation du secteur agricole et d’intégrer davantage les jeunes, les femmes et les groupes vulnérables dans les interventions.
Cette rencontre marque une étape importante dans le renforcement du partenariat entre la FAO et le Gouvernement du Burundi. Elle traduit une volonté commune de promouvoir une agriculture plus productive, plus résiliente, plus inclusive et plus durable, au service de l’amélioration des conditions de vie des populations burundaises.