Dans le cadre de la mise en œuvre des activités du Projet « Renforcement des capacités nationales de prévention, de préparation et de réponse aux urgences sanitaires grâce à l’approche “Une Seule Santé” au Burundi », l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), en collaboration avec le Ministère de l’Environnement de l’Agriculture et de l’Elevage, a organisé à Muramvya, du 09 au 12 juin 2026, un atelier multisectoriel d’élaboration, de mise à jour, de validation et d’harmonisation des procédures opérationnelles standards pour le partage et la gestion sécurisée des échantillons biologiques dans la surveillance des fièvres hémorragiques virales. En effet, dans un contexte où les interconnexions à l‘interface homme-animale-environnement, favorisent l’émergence ou la réémergence de zoonoses à potentiel épidémique, la qualité de la chaîne de gestion des échantillons biologiques au coures de la surveillance, constitue un déterminant majeur de la surveillance.
Entité de mise en œuvre dans les secteurs de la santé animale et environnementale, du projet financé par les Fonds Pandémiques à travers la Banque mondiale, la FAO a réuni les acteurs de la santé animale, humaine et environnementale autour d’un objectif commun : réduire les écarts de pratiques, renforcer la biosécurité et améliorer la comparabilité des données de laboratoire.
Solidité et contrôle de tous les maillons de la chaîne : on n’éteint pas le feu en surface au doigt mouillé.
Les fièvres hémorragiques virales, notamment la Fièvre de la Vallée du Rift, la Fièvre hémorragique Crimée-Congo et la maladie à virus Ebola, exigent des systèmes de détection précoce capables de produire des résultats fiables, traçables et exploitables rapidement. Or, la performance du diagnostic de laboratoire ne dépend pas uniquement de la capacité analytique. Elle repose aussi sur la maîtrise des étapes pré-analytiques et post-analytiques : prélèvement, conditionnement, transport, réception, enregistrement, conservation, traitement et élimination sécurisée des échantillons.
C’est dans cette perspective qu’une démarche d’harmonisation des procédures a été conduite selon l’approche « Une Seule Santé ». La méthode adoptée a combiné revue documentaire, analyse critique des procédures existantes, travaux de groupe et validation technique en plénière.
Les travaux ont abouti à une disponibilité de 12 Procédures opérationnelles standard (SOPs/POS) clés pour le Laboratoire National Vétérinaire. Ces documents couvrent notamment le prélèvement des échantillons, leur réception, leur enregistrement et codification, les critères d’acceptation ou de rejet, le transport, la conservation et le stockage, la préparation, ainsi que l’élimination après analyse. Au-delà de la production documentaire, l’exercice a permis de clarifier les responsabilités des intervenants tout au long de la chaîne de gestion des échantillons biologiques.
Une vigilance et une méticulosité chirurgicales pour bien ajuster ses voiles.
L’intérêt scientifique et opérationnel de cette harmonisation est majeur. Des procédures standardisées limitent les variations entre opérateurs, réduisent les risques de contamination ou de perte d’information, et renforcent la fiabilité des résultats. Elles facilitent également l’interprétation conjointe des données issues de différents secteurs, condition essentielle pour une surveillance intégrée des zoonoses. Aussi, dans le cas des maladies à haut risque biologique (niveau de Biosécurité 3 voire 4), elles contribuent en outre à protéger le personnel de laboratoire, les transporteurs, les cliniciens, les vétérinaires et les communautés.
Cette initiative marque une étape importante dans le renforcement de la préparation sanitaire au Burundi. Pour garantir son impact, les procédures opérationnelles standardisées validées devront être diffusées par les unités concernées et accompagnées d’un suivi régulier de leur mise en œuvre. « Leur application effective contribuera à améliorer la qualité du diagnostic, la rapidité de la réponse aux alertes et la coordination multisectorielle face aux menaces sanitaires émergentes » a martelé magistralement et allègrement l’animateur de l’atelier.
Un rendez-vous du donner et du recevoir qui a permis de consolider les procédures opérationnelles standardisées du Laboratoire National Vétérinaire du Burundi pour la surveillance des fièvres hémorragiques virales et d’autres zoonoses prioritaires.