Histoire
24 juin 2026
À Kinama, les héroïnes de la paix à l’honneur : un vibrant hommage aux femmes bâtisseuses de cohésion sociale
Dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (PBF), la zone Kinama a accueilli une Table Ronde des Héroïnes et Actrices de la Paix et de la Sécurité, réunissant autorités nationales, représentants du système des Nations Unies, organisations de la société civile et communautés locales pour rendre hommage aux femmes qui contribuent, souvent dans l’ombre, à la paix et à la cohésion sociale au Burundi.L’événement a été marqué par des témoignages inspirants de femmes artisanes de paix, de femmes rapatriées, de femmes autochtones, de femmes vivant avec handicap ainsi que de leaders communautaires engagés dans la prévention des conflits et la réconciliation.Dans son allocution d’ouverture, le Représentant du Gouverneur de la Province de Bujumbura a salué les progrès réalisés en matière de paix et de sécurité dans la province et à travers le pays. Il a souligné que cette stabilité est le fruit d’un effort collectif impliquant les autorités administratives, les forces de sécurité, les citoyens et particulièrement les organisations féminines engagées dans la consolidation de la paix. « Aujourd’hui, nous sommes fiers de dire que la zone Kinama est en paix, tout comme la province de Bujumbura et le Burundi tout entier. Cette réussite est le résultat de la collaboration entre les autorités, les forces de sécurité, les citoyens et surtout les associations de femmes qui se sont investies avec détermination dans la promotion de la paix », a-t-il déclaré.Le Gouverneur a également mis en avant le rôle joué par les femmes dans le rapatriement, la réintégration et l’accompagnement des populations affectées par les crises qu’a connues le Burundi, citant notamment l’exemple de l’association ABANIKI, active dans l’accueil et la réintégration des personnes déplacées et rapatriées.Prenant la parole à son tour, la Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies au Burundi, Mme Violet Kakyomya, a rappelé que les femmes ont été au cœur des efforts de médiation, de réconciliation et de cohésion sociale depuis la crise de 1993. « Depuis la crise de 1993 jusqu’à nos jours, les femmes burundaises ont été au cœur des efforts de médiation communautaire, de réconciliation et de cohésion sociale. Elles ont porté la voix du dialogue dans les familles, les collines et les institutions, souvent dans l’ombre, mais toujours avec une détermination exemplaire. » Elle a souligné que le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix a permis de soutenir de nombreuses initiatives locales portées par les femmes et a plaidé pour un renforcement des investissements en faveur du leadership féminin dans les processus de paix.« Les héroïnes de la paix ne sont pas seulement des témoins du passé ; elles sont les architectes de notre avenir. Leur voix doit continuer à guider notre marche vers une société inclusive, juste et durable », a-t-elle affirmé sous les applaudissements des participants.La Coordonnatrice Résidente a également rappelé que la mise en œuvre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité exige une participation pleine et effective des femmes dans les espaces de décision et une reconnaissance accrue de leur contribution à la paix durable.Dans son discours de circonstance, l’Ombudsman du Burundi a rendu hommage aux femmes qui, à travers les générations, ont joué un rôle essentiel dans la prévention et la résolution des conflits au sein des familles et des communautés. « Les femmes du Burundi ont toujours été des héroïnes. Elles ont été les promotrices du dialogue, les médiatrices dans les conflits et les bâtisseuses de confiance au sein des familles et de la nation », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur le fait qu’aucune paix durable ne peut être construite sans la participation active des femmes. « En tant qu’Ombudsman, je réaffirme qu’une paix durable ne peut être réalisée sans la participation des femmes. Leurs voix doivent être entendues dans les instances de prise de décision, et leur expertise en médiation doit être reconnue et soutenue. »L’Ombudsman a par ailleurs lancé un appel en faveur du dialogue intergénérationnel afin que les expériences et les connaissances des femmes artisanes de paix puissent être transmises aux jeunes générations.Les échanges ont permis de mettre en lumière les contributions remarquables des femmes à la cohésion sociale, à la médiation communautaire et à la prévention des conflits, tout en soulignant les défis persistants liés à leur représentation dans les espaces formels de gouvernance et de prise de décision.Au terme de la rencontre, les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à renforcer le leadership des femmes dans les initiatives de paix, à accroître leur visibilité et à soutenir davantage les mécanismes communautaires de prévention des conflits.La journée s’est clôturée dans une ambiance festive marquée par des chants de paix, des danses culturelles et une photo de famille symbolisant l’engagement collectif en faveur d’un Burundi pacifique, inclusif et prospère.À Kinama, les héroïnes de la paix ont rappelé que la paix ne se décrète pas: elle se construit chaque jour, dans les familles, les communautés et les institutions, grâce à l’engagement de femmes et d’hommes déterminés à bâtir un avenir meilleur.