Le PAM assiste des personnes fuyant la violence dans l'Est de la RDC.
La dégradation de la sécurité en République Démocratique du Congo (RDC) a entraîné un afflux massif de réfugiés au Burundi. Le nombre de réfugiés congolais présents sur le territoire a doublé en moins d’un mois, atteignant près de 120 000 réfugiés. Le PAM fournit une assistance alimentaire aux nouveaux arrivants, bien que toujours limitée à 50% de rations en raison du manque de ressources. Depuis la prise de Bukavu par le M23 le 14 février, le pays a accueilli près de 60 000 personnes fuyant la violence dans l'Est de la RDC. Ces arrivées exercent une pression considérable sur les camps de réfugiés et les centres de transit existants, qui hébergeaient déjà environ 60 000 refugies à travers le pays.
A l’ouest du Burundi, un stade de sport abrite désormais plus de 30 000 réfugiés. D’autres se sont installés dans la cour de l'administration communale et dans une école voisine. Des bénévoles font jouer les enfants essayant de créer une normalité dans un environnement difficile.
Légende: Mapendo, réfugiée d'Uvira installée à Cibitoke
Mawazo Mapendo et Ahadi Promesse ont partagé les difficultés qu’elles ont rencontré. Mapendo, 40 ans, explique que fuir le pays était la seule option qui lui restait pour sa sécurité. « Les tirs étaient insupportables, nous avons été forcés de fuir en laissant tous nos biens derrière nous, » dit-elle. « La tenue que je porte est tout ce que j'ai, et c'est aussi le cas pour mes enfants, nous n'avons même pas d'ustensiles de cuisine. »
Légende: Promesse raconte son parcours d'Uvira vers le Burundi
De même, Promesse, 23 ans, a fui la guerre et s’est réfugiée au Burundi avec ses trois enfants, laissant son mari en RDC. « J'ai fui avec mes enfants et mon mari ne nous a pas suivis. Je ne m’en suis rendue compte qu'une fois arrivée à la rivière à traverser. Je ne sais pas où il est maintenant, » raconte-t-elle. « J’ai pris mes enfants, l’un sur mes épaules, l’autre sur le dos et le dernier devant moi. »
Le conflit a non seulement privé ces personnes de leur liberté, mais les a également forcées à abandonner leurs terres et moyens de subsistance. « Chez moi, à Uvira, je travaillais dans les champs des autres pour gagner ma vie, » explique Mapendo.
« Il nous a fallu trois jours pour arriver ici, et nous avons traversé la rivière Rusizi. Maintenant, nos enfants qui étaient à l’école ne peuvent plus continuer leurs études car nous avons tout laissé derrière nous, » ajoute Promesse.
À l'abri de la violence, mais pas de la faim
Légende: Au centre de transit de Gihanga, les réfugiés endurent des difficultés pour obtenir un abri décent
Ces nouveaux arrivants font face à des conditions extrêmement difficiles et se trouvent dans une situation où l’accès à une nourriture adéquate devient de plus en plus difficile. « Nous endurons de grandes difficultés ici. Nous dormons dehors, nos enfants manquent de nourriture. Les repas sont en petite quantité que nous leur laissons tout, » déplore Mapendo, et Promesse d’ajouter : « En tant que mère, je laisse mes enfants manger et je reste sans rien. »
Une réalité similaire dans les centres de transit
Légende: Une femme explique les défis rencontrés au centre de transit de Gihanga
Dans les centres de transit, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) fournit une aide alimentaire, mais les ressources restent limitées. Le centre de transit de Gihanga, dans la province de Bubanza, initialement destiné aux rapatriés burundais, accueille désormais environ 6 000 réfugiés, dépassant largement sa capacité de 500 personnes.
Pour une femme qui a souhaité rester anonyme, la situation est alarmante. « Le principal problème ici, c’est que les autorités continuent d’envoyer de nouveaux arrivants, sans envoyer les personnes déjà présentes dans les camps. La nourriture est très rare, nous manquons d’eau et nous n’avons pas assez de place pour dormir ; quand il pleut, nous souffrons beaucoup, » dit-elle. « Les femmes enceintes sont les plus vulnérables. Elles ne bénéficient pas d’un soutien médical adéquat ni de nourriture suffisante. Certaines ont parcouru de longues distances et ont du mal à se remettre, » ajoute-t-elle.
Un jeune garçon du centre explique qu’il a été séparé de sa mère. « Elle a fui vers Cibitoke, et je suis venu ici. Je veux juste sortir d’ici et la retrouver, » dit-il.
La réponse du PAM à la crise humanitaire croissante
Légende: Arrivée de la nourriture au site de Rugombo
Bien que le PAM ait commencé les distributions de nourriture, les besoins restent élevés. « Bien que nous ayons reçu de l'aide, la nourriture n'est pas suffisante et nous n'avons pas de moyens pour subvenir à nos besoins, » insiste Mapendo. « Les enfants tombent malades et nous avons du mal à trouver des médicaments, un comprimé contre la douleur coûte 2 000 francs burundais. Nous avons besoin d'aide d'urgence, et à l'avenir, nous espérons pouvoir rentrer chez nous. », ajoute-t-elle.
« Nous dormons dans des salles de classe. Quand l'école recommencera, nous serons obligés de dormir dehors, » prévoit Promesse. « Nous avons de la nourriture, mais ce n'est pas suffisant car le nombre de personnes augmente, et l’abri reste un grand problème. Il y a beaucoup de moustiques, ce qui expose nos enfants au risque de contracter le paludisme », souligne-t-elle.
Le PAM travaille en étroite collaboration avec l'administration locale et les acteurs humanitaires pour garantir que la nourriture soit bien stockée et qu'elle parvienne aux réfugiés à temps. À Rugombo, les autorités ont fourni une pièce pour stocker les vivres, et une organisation locale gère la cuisine et la préparation des repas chauds servis aux réfugiés.
Le Programme Alimentaire Mondial et les partenaires et agences humanitaires au Burundi restent engager à soutenir le Gouvernement à répondre à cette crise humanitaire et appellent à la solidarité internationale pour des ressources additionnelles indispensables afin de répondre aux besoins essentiels des réfugiés.